Nous étions très nombreux, ce samedi 5 avril au Deauville Yacht Club, pour revivre avec notre ami François Boivin la course mythique autour du monde « Financial Times Clipper Race » autrement appelée « Londres-Sydney/ Sydney -Londres » (route des Clippers qui allaient chercher la laine en Australie) à laquelle il participa en 75/76 il y a maintenant 50ans.
Nous avons visionné le film, non d’une régate, mais de l’aventure de 13 hommes inexpérimentés et d’un skipper ancien second d’Éric Tabarly, Olivier de Kersauson dont c’était le premier commandement.
Ils s’étaient lancés pour défi de battre le record vieux de cent six ans, établi par le clipper britannique » Patriarch « , et pour ce faire d’aller plus vite que les anglais de « Great Britain 2 » et 3 autres bateaux également engagés dans la course.
Un périple de 30 000 milles marins, qui les faisaient doubler le cap de Bonne-Espérance, le cap Leewin, le cap Horn, et traverser les trois grands océans, l’Atlantique, l’Indien et le Pacifique.
Le tout sans gilet, sans harnais et pour se protéger des embruns glacés des « 40ème » le ciré jaune Guy Cotten que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre.
Une aventure où des hommes sont devenus marins.
Leur bateau « Kritter II » , un ketch de 25 m , en aluminium pesait plus de 40 tonnes avec 39 voiles à bord dont 10 spis .
Le GPS n’existait pas, ils faisaient la route à l’estime avec un sextant et un compas.
Les griefs météo n’avaient pas encore été imaginés. Ils n’exploitaient pas la météo, ils la subissaient.
Il n’y avait pas un pilote automatique, il y avait 14 marins qui chacun leur tour prenait la barre.
Une première étape de 66 jours et 68 jours pour la deuxième.
Une avarie de barre qui leur fit perdre 21 jours mais qui certainement les souda à jamais.
Ils ont battu le record de Patriarch, et même si les Anglais de Great Britain 2 ont mis un jour de moins sur la 2ème étape et détiennent donc le record. Kritter II, lui, a battu le record Sydney-Cap Horn qu’il a conservé plusieurs années.
Bien sûr tous ces records ont depuis été battus, mais rien de comparable !
Alors Messieurs RESPECT !